La parité professionnelle sera inscrite dans la Constitution


L’Assemblée nationale a voté hier soir l’inscription dans la Constitution du principe de la parité professionnelle homme/femme. La phrase suivante « La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux responsables professionnelles et sociales » sera donc écrite dans la Constitution française.

Cet amendement était soutenu par quelques députés UMP bien que vivement critiqué par certains membres du gouvernement, dont la Garde des Sceaux, qui souhaitait le renvoi de cette décision à un débat ultérieur.

 

Les inégalités professionnelles persistent

 

 Les inégalités entre hommes et femmes persistent, selon le constat publié en février dernier par l’INSEE. Cette vue d’ensemble montrait la persistance des traditions dans l’orientation scolaire, les secteurs d’emploi occupés et le partage des tâches domestiques, avec des conséquences en termes d’inégalités de temps de travail, de responsabilités et de salaire.Les filles ont globalement de meilleurs résultats scolaires que les garçons et font plus souvent des études supérieures mais elles continuent à investir les filières les moins porteuses en termes d’emplois (64 % de filles en terminale économique et sociale et 81 % en littéraire).Elles vont plus souvent à l’université (59 % des inscrits) et forment le gros bataillon des instituts de formation des maîtres (IUFM) et des écoles paramédicales et sociales. Les écoles de commerce connaissent en revanche une situation plus équilibrée.

Les secteurs d’activité restent donc « très sexués » : les femmes occupent 75 % des emplois dans les secteurs de l’éducation, santé et action sociale, et 61 % dans les services aux particuliers où les salaires sont peu élevés. Près de 31 % des femmes sont à temps partiel contre 6 % des hommes.

Dans le privé, seul un poste d’encadrement sur quatre est occupé par une femme. Dans la Fonction publique d’Etat, seuls 16 % des emplois de dirigeants sont occupés par des femmes.Pourtant, le taux d’activité des femmes augmente (il est passé de 60 % en 1975 à 82 % en 2006) alors que celui des hommes baisse légèrement (de 97 % à 95 %).Mais les femmes sont plus touchées par le chômage bien qu’elles aient profité plus que les hommes de la baisse actuelle (en 2006, leur taux de chômage est passé de 10 % à 8,4 %, mais de 7,9 % à 7,5 % pour les hommes).Malgré des progrès, l’écart entre salaires horaires nets moyens pour les salariés à temps complet était de 23 % en 2005, et même de 27  % chez les cadres. Dans le secteur des services, l’écart est proche de 30 %, comme dans la fonction publique hospitalière (27 %).Les différences de caractéristiques (éducation, expérience, temps de travail, types d’emploi ...) n’expliquent, selon l’INSEE, qu’environ 75 % des écarts de salaires mensuels. 

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