Nicolas Sarkozy veut aider les « seniors »


 

Un an jour pour jour après avoir été choisi par plus de 53 % des Français, Nicolas Sarkozy, dont la cote de popularité est en baisse, dans un contexte économique morose, tient à montrer, par son emploi du temps, qu’il est plus que jamais dans l’action, pas dans la célébration. Le président a ainsi passé l’essentiel de sa journée sur le terrain, dans le Gard, pour y parler social et emploi des « seniors ».

En visite dans une usine de 300 salariés qui fabrique du béton précontraint, dans la banlieue d’Avignon, Nicolas Sarkozy a défendu le plan du gouvernement destiné à favoriser l’emploi des salariés de plus de 55 ans.

« L’idée la plus fausse en France, ça a été l’idée du partage du temps de travail. Nous sommes le pays qui a le plus grand nombre de jeunes au chômage et le plus petit nombre de quinquagénaires au travail (...) il faut qu’on gagne ce point de croissance et, pour gagner ce point de croissance, il faut laisser les gens bosser », a lancé le président. « C’est pas parce qu’on autorise les seniors à travailler plus longtemps qu’on prend des emplois aux jeunes », a déclaré Nicolas Sarkozy devant les ouvriers du Pujaut. « Le partage du travail, c’est une erreur économique doublée d’un scandale social (...) la vérité, c’est que plus il y a de gens qui travaillent, plus on crée de richesses, plus il y a de croissance et plus il y a de travail pour tout le monde », a martelé Nicolas Sarkozy.

D’où le plan présenté la semaine dernière aux partenaires sociaux par le ministre du Travail Xavier Bertrand.

Première mesure de ce plan : la suppression « des mises à la retraite d’office, notamment après 65 ans », a détaillé le chef de l’Etat. « Ceux qui veulent partir à la retraite après leurs années de cotisation, ils partent en retraite. Celui-là qui veut travailler, il peut le faire (...) une fois que vous avez le plein de vos années de cotisation, vous dites ‘je ne veux pas liquider ma retraite mais je veux qu’elle soit meilleure’, et chaque année on vous donne 5 % de plus », a-t-il assuré.

Le président a également insisté sur deux autres mesures de ce plan : le relèvement progressif du seuil de déclenchement des dispenses de recherche d’emploi pour les salariés de 57,5 ans et plus et l’obligation pour les entreprises de s’engager d’ici 2010 à augmenter le nombre de leurs salariés « seniors », sous peine de sanctions financières.

En France, seuls 38 % des personnes âgées de 55 à 65 ans occupaient en 2006 un emploi salarié, contre une moyenne de 43,5 % dans les pays membres de l’UE, de 58 % au Royaume-Uni ou de 70 % en Suède.

Profitant de la tribune, Nicolas Sarkozy a également réaffirmé sa volonté de faire passer à 41 le nombre d’années de cotisations nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein, malgré l’opposition des syndicats.

Le président a enfin annoncé, à l’occasion d’une table ronde sur l’emploi des « seniors » organisée aux Angles (Gard), que l’ensemble des retraites serait augmenté le 1er septembre de 0,8 %, en plus de la hausse de 1,1 % annoncée en janvier dernier. « Il n’y a aucune obligation légale de revaloriser les pensions en cours d’année. Mais si nous n’avons pas attendu l’année prochaine, c’est que j’ai parfaitement conscience du problème du pouvoir d’achat des retraités (...) c’est aussi un problème de justice sociale », a-t-il expliqué.

Cette revalorisation de l’ensemble des retraites doit couvrir, selon l’Elysée, la progression de l’inflation pendant l’année 2008. A noter que les prix à la consommation en France ont augmenté de 0,8 % en mars par rapport au mois précédent soit une hausse de 3,2 % sur les douze derniers mois, contre 2,8 % en février, selon l’INSEE.

 

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